Doctorat.gouv.fr
ECOSYSTEMES, BIODIVERSITE, EVOLUTION
RENNES CEDEX
vendredi 16 octobre 2026
Rémunération dédiée à la préparation du doctorat
Les populations de pollinisateurs sauvages connaissent un déclin préoccupant, alors même qu’elles jouent un rôle majeur dans le fonctionnement des écosystèmes, la reproduction des plantes sauvages et le maintien des services écosystémiques associés à la pollinisation. Améliorer les connaissances sur leur distribution, leurs habitats, leurs caractéristiques fonctionnelles et les pressions qui affectent leurs populations constitue ainsi un enjeu majeur pour orienter les politiques de conservation et de gestion des territoires. Le projet Interpoll vise à renforcer les connaissances sur les pollinisateurs sauvages en Bretagne et à produire des outils directement mobilisables pour leur conservation. Il associe les laboratoires DECOD, IGEPP et ECOBIO ainsi que le GRETIA, autour d’une approche intégrée combinant exploitation de données existantes, acquisition de nouvelles données naturalistes, modélisation écologique et transfert des connaissances. Le projet cible prioritairement les abeilles sauvages et les syrphes, et plus largement d’autres groupes d’hyménoptères, de diptères et de papillons de nuit. Il s’inscrit notamment dans les objectifs du Plan régional d’action « Pollinisateurs » 2026–2031. La thèse s’inscrira principalement dans les ateliers A1 et A3 du projet, consacrés à la modélisation, à la cartographie et à l’analyse des enjeux de conservation. Elle aura pour objectif de développer une approche spatialement explicite permettant de mieux comprendre et prédire la distribution des pollinisateurs sauvages à l’échelle régionale. Dans un premier temps (A1), la thèse exploitera les nombreuses données d’occurrence disponibles auprès des partenaires du projet et des bases naturalistes et institutionnelles. Ces données seront croisées avec différents descripteurs environnementaux et paysagers afin de développer des modèles de distribution des espèces et des communautés, notamment des modèles conjoints de distribution des espèces (JSDM) permettant de prendre en compte les associations et interactions entre espèces. Une attention particulière sera portée à l’intégration des données relatives aux habitats et végétations, issues notamment des travaux du CBNB et de CarHab, ainsi qu’aux différentes dimensions de l’anthropisation. Un objectif central sera également de développer et spatialiser des indices de sensibilité à l’anthropisation / de synanthropie. Ces indices permettront de caractériser la réponse des différents taxons aux gradients de pression anthropique, en confrontant leur distribution aux cartes de pressions disponibles à différentes échelles. Ils pourront ainsi contribuer à une évaluation spatialisée de l’état de conservation des populations et à l’identification de secteurs présentant des enjeux particuliers. Dans un second temps (A3), les nouvelles données acquises lors des inventaires de terrain seront mobilisées pour évaluer, recalibrer et améliorer les modèles développés dans l’atelier A1. La confrontation entre distributions prédites et observations permettra d’évaluer la capacité prédictive des modèles, d’identifier leurs limites et d’affiner la compréhension des déterminants de la distribution des pollinisateurs. Le croisement des données de présence avec les caractéristiques des habitats, des micro-habitats et du paysage permettra notamment de préciser l’influence relative des différents facteurs environnementaux et des pressions anthropiques. La thèse aboutira ainsi à la production de cartographies régionales de distribution et d’enjeux de conservation, permettant notamment d’identifier les mailles, habitats et secteurs prioritaires pour la connaissance, la conservation ou la restauration des populations de pollinisateurs sauvages. Les résultats contribueront également à fournir des outils d’aide à la décision pour les gestionnaires et acteurs des politiques publiques, en lien avec les objectifs du Plan régional d’action Pollinisateurs. Au-delà du développement méthodologique en modélisation écologique et en analyse spatiale, la thèse contribuera ainsi à faire le lien entre données naturalistes, écologie des communautés, modélisation de la distribution des espèces et conservation de la biodiversité, en produisant des outils opérationnels pour mieux prendre en compte les pollinisateurs dans la gestion et l’aménagement des territoires bretons. École doctorale : École doctorale Écologie, Géosciences, Agronomie et Alimentation Direction : Benoit GESLIN Financement : Rémunération dédiée à la préparation du doctorat
Source : Doctorat.gouv.fr · Récupérée le 7 octobre 2026