
StageÉcologieINRAE
INRAE – Lyon-Grenoble Auvergne-Rhône-Alpes
France
dimanche 15 novembre 2026
Les milieux riverains constituent des habitats d’interface, entre écosystèmes terrestres et aquatiques, qui abritent une forte biodiversité et assurent de nombreux services écosystémiques (González et al. 2017, Riis et al. 2020). Ces environnements très dynamiques se structurent le long de gradients de stress et de perturbation qui conditionnent la distribution des communautés végétales et animales (Naiman and Decamps 1997). Plus récemment, des travaux ont fait un parallèle entre les flux d’eau et de sédiments et les flux de bois en rivière (Wohl et al. 2019). Il a ainsi pu être démontré que des variations dans la durée, la fréquence, l’ampleur ou la temporalité des flux de bois influencent l’intégrité du fonctionnement écologique et géomorphologique des cours d’eau (Piégay and Gurnell 1997, Gurnell et al. 2002, 2005). Cette conceptualisation du régime naturel du bois, qui vient compléter celle des régimes des écoulements liquides et solides, pose les bases d’une compréhension plus systémique du fonctionnement des hydrosystèmes. Ces 20 dernières années, les recherches menées sur le régime des bois en rivière ont été quasi-exclusivement centrées, d’une part, sur l’influence des bois sur les processus hydro-géomorphologiques (e.g., Abbe and Montgomery 1996, Ruiz-Villanueva et al. 2016, Campagnolo et al. 2024), et d’autre part, sur le rôle des bois pour la biodiversité aquatique (e.g., Nagayama and Nakamura 2010, Thompson et al. 2018). Concernant le rôle des gros bois pour les milieux riverains et la biodiversité associée, les connaissances restent cependant lacunaires. Outre des mécanismes de facilitation permettant l’établissement d’une végétation pionnière (Nakamura et al. 2012) et le développement d’ilots végétalisés (Gurnell et al. 2001), très peu d’études ont abordé la contribution directe et indirecte des gros bois pour la biodiversité riveraine. Compte tenu des enjeux, non seulement environnementaux mais aussi sécuritaires associés à la gestion des gros bois en rivière (Mazzorana et al. 2017, Cicco et al. 2018, Conley and Kramer 2020), il apparait fondamental de développer des connaissances nouvelles sur les rôles joués par ces structures sur les habitats riverains et la biodiversité associée. L’objectif du stage est de dresser un bilan quantitatif et qualitatif de l’état et de la dynamique des stocks de gros bois dans les rivières du bassin du Rhône. Inscrit dans un projet de recherche visant à caractériser de manière empirique la contribution des dépôts de gros bois sur les bancs alluviaux pour la diversité des habitats riverains et de la biodiversité associée (arthropodes terrestres et flore vasculaire), ce stage constitue un préalable essentiel. Il permettra d’identifier plusieurs tronçons riches en gros bois qui seront échantillonnés dans la continuité de ce projet en 2028. Dans ce cadre et après une phase d’appropriation de la thématique (bibliographie), de prise de connaissance du terrain d’étude et des données disponibles, le/la candidat-e sera chargé de : Définir et appliquer un ensemble de critères hiérarchiques discriminants, en croisant différentes sources d’information spatiales dans un SIG, permettant de sélectionner des tronçons candidats : Identifier les structures gestionnaires sur les tronçons de rivière retenus et réaliser une enquête afin de qualifier les pratiques de gestion en place des gros bois et les perceptions des enjeux associés (e.g., sécuritaire, biodiversité) ; Analyser des séries de photographies aéroportées (IGN ou issues des laboratoires impliqués) pour confirmer la présence de gros bois, qualifier l’âge des structures en place et déterminer les zones de dépôt préférentielles en lien avec les événements hydrologiques passés ; Réaliser des prospections de terrain couplées à des acquisitions par drone sur un ensemble ciblé de tronçons riches en gros bois et acquérir des données sur la localisation et les caractéristiques (diamètre, longueur, stade décomposition, essence - Wohl et al. 2010) des pièces de bois (GPS centimétrique) et les conditions abiotiques environnantes (profils topographiques et granulométriques, faciès de végétation…) ; Analyser les données récoltées afin de dresser une typologie des tronçons de rivières à gros bois dans le bassin du Rhône et comprendre la contribution de ces structures pour la diversification des habitats riverains ; Rédiger un rapport synthétisant les méthodologies utilisées, les analyses réalisées et les résultats obtenus ; Participer plus globalement aux travaux de terrain, en particulier à une campagne d’échantillonnage des arthropodes (pièges fosses et nasses d’émergence) et de la flore au sein de la Réserve Naturelle Nationale du Val d’Allier, pour laquelle des données précises concernant la distribution des gros bois existent.
Source : INRAE · Récupérée le 7 octobre 2026