
StageGéosciencesINRAE
INRAE – Provence-Alpes-Côte d’Azur
France
samedi 30 janvier 2027
Le laboratoire : L’UMR EMMAH développe des recherches sur les interactions entre cultures et ressources en eau sous influence du changement climatique, en particulier le déficit hydrique. Dans ce cadre l’équipe SWIFT s’attache à caractériser les transferts d’eau dans le sol et les interactions sol-plante à travers la rhizosphère, en lien avec la résistance au déficit hydrique. Le contexte scientifique du sujet de stage : Les épisodes de sécheresse sont susceptibles de se répéter à plus grande fréquence dans un futur proche, et ce à une grande échelle et en contextes pédoclimatiques variés. Cela nécessite de développer des systèmes agricoles plus efficients en eau et plus résistants aux déficits hydriques, pilier important de la transition agroécologique. Pour répondre à cet enjeu il est nécessaire d’approfondir nos connaissances sur les traits morphologiques et fonctionnels de la plante dans son environnement, qui seraient susceptibles d’améliorer cette résistance au déficit en eau, et ceci non seulement au niveau aérien mais aussi souterrain. Parmi les pistes pour accroitre l’efficience d’utilisation de l’eau par les plantes, nous investiguons actuellement comment une plante, avec ses racines, peut modifier les propriétés du sol et changer ainsi son utilisation de l’eau dans ce sol. Cela peut être des processus locaux au travers de modulation des propriétés de la rhizosphère (zone de sol influencée directement par les racines), en particulier à travers la sécrétion d’exopolymères par les racines (mucilages) et par les bactéries associées. Ces exopolymères (e.g. exopolysaccharides) agissent entre autres sur la rétention de l’eau du sol et pourraient modifier la réponse stomatique de la plante ou son efficience face à un déficit en eau (Le Gall et al., 2021, Doussan et al., 2024). Ce peut être également des processus plus globaux dans la masse de sol par le développement racinaire avec un réaménagement de l’espace poral du sol par des processus mécaniques (création/bouchage de porosité par les racines) ou de structuration du sol (agrégation par stabilisation de matière organique, cycles humectation/dessication). Cette modification de l’espace poral va impacter les propriétés hydrauliques du sol, de la croissance à la senescence de la plante, et possiblement moduler son utilisation de l’eau, non seulement pour elle-même, mais également pour la culture suivante en laissant un « héritage hydraulique » (et bio-physico-chimique) de ses effets racinaires dans le sol. Dans un contexte d’agriculture de conservation, favorisant un enracinement permanent des sols, comprendre l’importance de cet effet d’héritage de propriétés hydrauliques du sol sur la culture suivante est d’autant plus important que jouer sur des traits racinaires favorables des plantes d’interculture pourrait être un levier utilisable dans l’atténuation des impacts des déficits en eau sur la culture de rente (d’intérêt). Objectifs du stage : L’objectif de ce stage est de participer à la compréhension de cet effet héritage « hydraulique » d’un précédent cultural à une meilleure tolérance (ou non) de la culture d’intérêt. Le stage s’inscrit dans des travaux de thèse débutés en 2026 et qui abordent en 2027 cet effet héritage avec une expérimentation en colonnes de sol en serre, visant à analyser la réponse au déficit hydrique de la tomate selon l’effet d’héritage « hydraulique » (et bio-physico-chimique) de son précédent cultural (orge, luzerne et sol nu). L’hypothèse est ici que des architectures racinaires contrastées des précédents culturaux (fasciculé avec des racines fines pour l’orge, pivotant avec des racines épaisses pour la luzerne) vont donner des réponses contrastées également pour la tomate qui suit. L’étudiant.e participera à cette expérimentation en conditions semi-contrôlées avec un focus sur les réponses de la tomate au déficit hydrique. Sur ces cultures menées dans des colonnes de sol (dont certaines sont équipées de capteurs mesurant l’eau du sol), des suivis quotidiens des plantes accompagnés de mesures écophysiologiques seront menés ; ainsi que des suivis de campagnes de prélèvements puis de mesures sur le sol et sur ses traits rhizosphériques. Les cultures du « précédent cultural » (orge, luzerne ou sol nu) seront menées en conditions optimales de culture. Après croissance, les parties aériennes du « précédent cultural » cultivé en colonnes seront coupées, et une culture de tomates sera implantée dans ces mêmes colonnes quelques temps plus tard avec deux modalités d’irrigation, plus ou moins déficitaire. L’étudiant.e sera spécifiquement en charge de suivre et comprendre les indicateurs de stress hydrique de la plante, au travers de mesures non destructives et régulières de croissance des plantes et de réponses écophysiologiques (conductance stomatique, fluorescence, potentiel foliaire, turgescence) des tomates soumises au déficit hydrique et de celles bien irriguées. En fin d’expérimentation, une campagne de prélèvements, de mes
Source : INRAE · Récupérée le 7 octobre 2026