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Laboratoire de Recherche Sociétés & Humanités - Département Centre de Recherche Interdisciplinaire en Sciences de la Société
Valenciennes
vendredi 30 octobre 2026
En emploi à titre principal
Depuis la publication de l'article fondateur de Teece, Pisano et Shuen (1997), l'approche des capacités dynamiques est devenue l'un des domaines de recherche les plus féconds en management stratégique (Di Stefano, Peteraf et Verona, 2010). A l'origine, le concept de capacités dynamiques a été développé afin d'apporter une réponse à la question suivante : comment une entreprise peut obtenir et maintenir un avantage concurrentiel dans des contextes de changements technologiques rapides (Peteraf, Di Stefano et Verona, 2014) ? Au fil des années, le concept de capacités dynamiques a été mobilisé pour expliquer d'autres phénomènes. Le sujet de thèse porte sur le développement des capacités dynamiques au sein d'une entreprise en recomposition. Elle prend pour terrain d'étude un groupe industriel franco-belge engagé dans une phase majeure de recomposition organisationnelle. Ce contexte particulier se traduit par l'intégration progressive de nouvelles entités, la mutualisation des fonctions support, ainsi que la refonte des modes de pilotage et du positionnement stratégique global. Au sein de cette organisation, une tension centrale émerge entre la présence de ressources, de savoir-faire et de routines déjà ancrés, et le besoin de les structurer efficacement à travers les différents sites, métiers et échelons décisionnels. L'enjeu fondamental du projet ne réside pas uniquement dans le fait d'inventorier ce que le groupe possède, mais bien de comprendre la façon dont ces ressources peuvent être articulées, transmises et reconfigurées au fil du temps pour soutenir sa trajectoire stratégique. Pour appréhender cette dynamique, le projet pose la question de recherche centrale suivante : « Comment un groupe industriel en recomposition peut-il construire des capacités d'intégration, d'apprentissage et de reconfiguration afin de soutenir son repositionnement stratégique ? » Pour y répondre, le travail s'appuie sur le cadre théorique des capacités dynamiques, initié par les travaux de Teece, Pisano et Shuen (1997), puis prolongé par d'autres auteurs de référence (Eisenhardt & Martin, 2000 ; Zollo & Winter, 2002 ; Altintas, 2012). Cette approche permet de distinguer les simples ressources ou routines opérationnelles des facultés d'apprentissage et de reconfiguration qui permettent à une entreprise de s'adapter aux évolutions de son environnement. Le cadre est enrichi par l'étude des capacités dynamiques managériales (Ambrosini & Altintas, 2019 ; Maus & Sammut, 2023), mettant en avant le rôle décisif des dirigeants et acteurs clés dans la prise de décision, la cognition et la conduite du changement. L'objectif final est de mettre en lumière la manière dont une organisation industrielle passe d'une posture réactive à une véritable capacité proactive de transformation. La thèse analysera concrètement l'intégration des entités, la transmission des connaissances, la formalisation des routines et la recombinaison des ressources pour accompagner l'évolution de l'offre et du positionnement stratégique. Sur le plan méthodologique, l'étude adopte une démarche qualitative et longitudinale, au plus près du terrain. La collecte de données combinera une immersion au sein du groupe, des entretiens semi-directifs, des observations directes et l'analyse de documents internes. Le traitement des données suivra une analyse thématique et processuelle (méthodologie de Gioia et al., 2013 ; Bernard & Barbosa, 2016), permettant d'extraire progressivement des concepts théoriques de premier et second ordre pour restituer la dynamique du processus étudié. École doctorale : Ecole Doctorale Polytechnique Hauts-de-France Direction : Gulsun ALTINTAS Financement : En emploi à titre principal
Source : Doctorat.gouv.fr · Récupérée le 6 octobre 2026