
StageGénie mécaniqueINRAE
INRAE – Bretagne-Normandie
France
dimanche 1 novembre 2026
Vous exercerez votre stage au sein de l’UMR Dynamique et durabilité des écosystèmes : de la source à l’océan (DECOD) sur le site de Rennes. Plus d’informations disponibles : https://www.umr-decod.fr/fr Contexte : Les communautés et populations de poissons marins subissent de multiples pressions. Parmi elles, le changement climatique, l’exploitation halieutique et l’aquaculture sont déjà bien documentées. Le changement climatique entraine des modifications thermiques qui altèrent directement la physiologie des organismes (McKenzie et al., 2016) , et ont également des répercussions indirectes sur la productivité et la disponibilité des ressources trophiques (du Pontavice et al., 2020). La pression de pêche commerciale évolue en réponse aux changements environnementaux et aux politiques publiques. L’aquaculture quant à elle peut elle aussi provoquer des déséquilibres, notamment sur le plan biologique (Bouwmeester et al., 2021). Les effets du développement de l’éolien offshore, restent quant à eux assez peu connus. Les parcs éoliens viennent possiblement ajouter des pressions supplémentaires (e.g. perturbations sonores ou électromagnétiques) aux poissons, même si des effets positifs ne sont pas à exclure (e.g. zone d’exclusion de la pêcherie, augmentation de la diversité d’habitats disponibles ; Cazaux et al., 2026). Dans ce contexte, l’Agence de l’Eau Seine Normandie a lancé en 2025 un appel à projet ‘Biodiversité et éolien en Manche’ pour améliorer les connaissances sur les milieux naturels et la biodiversité potentiellement concernée par le développement de l’éolien dans la sous-région marine Manche-Est mer du Nord. Lauréat de cet appel à projet, le projet TELEPOMIMER + propose de produire les premières connaissances sur l’utilisation des parcs éoliens marins comme lieu de passage ou habitat trophique par la truite de mer. Plus globalement, l’enjeu est de produire des connaissances sur la biologie de cette espèce au cours de sa phase marine. Les connaissances sur les phases marines des poissons amphihalins (saumon atlantique, truite de mer, lamproies, etc.) sont en effet encore très parcellaires. En ce qui concerne les salmonidés en particulier, de nombreux indices accréditent l’hypothèse que les phases marines sont affectées par les changements de l’environnement marin sans qu’on puisse identifier précisément les facteurs en jeu (Chaput, 2012; Thorstad et al., 2016). Bien qu’elles n’aient pas encore été démontrées par des études de terrain, les perturbations électromagnétiques sont susceptibles d’affecter les déplacements marins (Gill et al., 2012; Verhelst et al., 2025). Les questions que ce projet adresse sont les suivantes : les truites de mer transitent-elles ou non dans ou à proximité immédiate des parcs éoliens ? Quels est le temps de résidence dans ces parcs ? Le comportement des individus est-il différent dans et hors des parcs éoliens ? Pour y répondre, entre 2025 et 2026, une cinquantaine d’individus adultes ont été capturés lors de leur dévalaison et équipés d’émetteurs acoustiques ainsi que de biologger enregistrant température et pression à haute fréquence (toutes les 2 minutes) au niveau des infrastructures de l’Observatoire de Recherche en Environnement ‘Poissons Diadromes dans les Fleuves Côtiers’ de la Bresle, petit fleuve côtier débouchant dans la Manche au Tréport (Seine Maritime). Emetteurs acoustiques et marques archives permettent chacun de produire les données complémentaires (Gonse et al., 2024; Artero et al., 2025). Le suivi acoustique permet un suivi direct des individus en mer grâce à un réseau d’hydrophones déployés dans les différents parcs éoliens français de Manche (Dieppe/Le Tréport, Courseulles, Fécamp) et plus globalement par les récepteurs mutualisés du réseau ETN (European Tracking Network) présents à l’échelle de la Manche/Mer du Nord. L’inconvénient majeur de cette approche est que le réseau de détection est très lacunaire et ne peut fournir qu’une information partielle des trajectoires marines. Les données de température et de pression enregistrées dans les marques archives permettent quant à elles de reconstruire, grâce à des modèles de géolocalisation et des champs géophysiques de référence (température à différents niveaux de profondeur, bathymétrie), les trajectoires marines des individus. La principale limite à cette approche est que les trajectoires modélisées peuvent montrer un niveau élevé d’incertitude selon le modèle utilisées ou dans le cas de masse d’eau fortement mixée comme c’est le cas dans la Manche (Artero et al., 2025). La combinaison des deux approches permettra d’affiner les modèles de trajectoire en intégrant des données de positions connues et, en retour, les trajectoires décrites grâce au suivi acoustique pourront être modélisées pour les zones marines non couvertes par le réseau de détection. Missions du/de la stagiaire : L’objectif de ce stage sera d’analyser les données récoltées et plus particulièrement de mettre en œuvre et adapter le modèle
Source : INRAE · Récupérée le 3 octobre 2026