
StageÉcologieINRAE
INRAE – Provence-Alpes-Côte d’Azur
France
jeudi 15 octobre 2026
Contexte Ces dernières années, la question du maintien de la multifonctionnalité des écosystèmes, un concept englobant à la fois le bon fonctionnement de l’écosystème et sa capacité à fournir des services à notre société, a fait l’objet d’une attention croissante dans la littérature scientifique. Cette question est tout particulièrement centrale pour les écosystèmes forestiers qui constituent l’un des principaux écosystèmes terrestres, abritent une biodiversité unique et fournissent à notre société des services essentiels de régulation (e.g. séquestration carbone, atténuation de l’érosion), d’approvisionnement (e.g. fourniture en bois), et culturels (e.g. valeur esthétique, usages récréatifs). En Europe, la grande majorité des forêts sont exploitées, de manière plus ou moins intensive selon les zones bio-géographiques. Malgré la hausse des perturbations naturelles, les coupes restent aujourd’hui la principale perturbation affectant les forêts européennes. Alors que de récentes études ont pu montrer que la diversité des communautés floristiques de sous-bois pouvait constituer un proxy de la multifonctionnalité des écosystèmes forestiers, évaluer l’impact de la gestion forestière sur ces communautés apparait comme essentiel afin de mieux comprendre comment les perturbations anthropiques affectent la multifonctionnalité des écosystèmes forestiers. La théorie en écologie des perturbations prédit que les coupes, en augmentant la disponibilité en ressources pour la flore du sous-bois, favorisent la diversité spécifique. La majorité des études ayant soulevé la question de l’effet de la gestion forestière sur la richesse spécifique tendent à supporter cette théorie en montrant une flore plus diversifiée dans les forêts gérées à court terme (Paillet et al. 2010). Une incertitude demeure cependant sur ce résultat, en lien avec le temps depuis lequel les forêts n’ont plus été gérées : si la richesse est globalement plus élevée dans les forêts récemment abandonnées, un temps de non-exploitation plus long (> 40 ans) peut permettre de retrouver des niveaux de richesse floristique comparables voir supérieurs aux forêts gérées. Par ailleurs, plusieurs études suggèrent la nécessité d’aller au delà de la richesse spécifique pour caractériser la diversité d’une communauté et l’effet de cette diversité sur le fonctionnement de l’écosystème. Il a par exemple été montré que la diversité fonctionnelle pouvait mieux capturer l’effet de la diversité sur le maintien du fonctionnement de l’écosystème et des services associés. Au delà de métriques de diversité, de nombreux travaux montrent également l’importance de prendre également en compte l’influence des traits fonctionnels des espèces dominantes de la communauté. En considérant le spectre économique foliaire, un axe majeur de variation fonctionnel des communautés végétales contrastant communautés dominées par des espèces à acquisition des ressources rapides vs conservatrices, l’effet d’un abandon long terme de l’exploitation forestière est largement incertain. En effet, si les forêts non gérées sont plus fermées, elles ont également tendance à être plus fertile que les forêts gérées en lien avec une plus grande quantité de bois mort au sol. Objectif L’objectif du stage proposé est de tester l’effet de l’abandon de la gestion forestière sur la composition des communautés floristiques de sous-bois, évaluée à travers plusieurs métriques : Richesse spécifique Diversité fonctionnelle Valeur moyenne de traits le long de plusieurs axes fonctionnels (e.g. leaf economic spectrum, stature) Pour cela, l’étudiant.e recurté.e pourra s’appuyer sur un réseau de plus de 50 placettes réparties sur 6 sites forestiers (Vosges, Jura, Burat, Canigou, Vercors et Ventoux) incluant chacun des placettes gérées et non gérées. Des relevés floristiques (protocole Braun-Blanquet) ont déjà été effectués dans la moitié des sites (Vosges, Vecors et Burat) au printemps 2026. Accompagné.e de l’équipe technique du laboratoire d’accueil, l’étudiant.e recruté.e aura pour mission de mener la campagne de terrain de 2027 pour réaliser les relevés sur les 3 sites restants (Canigou, Jura et Ventoux). Ce jeu de données, récolté dans le cadre du projet SALUD, pourra éventuellement être enrichi d’un jeu de données similaire plus ancien (2010) mais englobant un nombre plus large de placettes (136 réparties sur 9 sites). Il s’agira ensuite de mettre en relation les données récoltées avec des données de traits fonctionnels pour évaluer statistiquement l’effet de la gestion sur la composition des communautés végétales, tout en contrôlant les effets confondants (e.g. site, topographie, structure du peuplement, climat).
Source : INRAE · Récupérée le 3 octobre 2026