
StageBiologieINRAE
INRAE – Occitanie-Toulouse
France
vendredi 6 novembre 2026
Après la phase de maturité, les performances déclinent généralement avec l’âge chez de nombreuses espèces d’animaux. Ce phénomène de sénescence est assez peu documenté chez les animaux de ferme car la plupart d’entre eux sont abattus dans le jeune âge (https://doi.org/10.1007/s11357-020-00190-4). Cependant, pour certaines catégories d’animaux comme les femelles de ruminants laitiers, le maintien à long-terme des performances est essentiel, notamment pour compenser les coûts économiques des périodes improductives. De premières observations suggèrent qu’après seulement quelques lactations, la production laitière est soumise au phénomène de sénescence et que des variations importantes existent entre populations. Par ailleurs, plusieurs études ont récemment mis en évidence une variabilité génétique de l’évolution des performances laitières au fur et à mesure des lactations (https://doi.org/10.3168/jds.2021-21306 ; https://doi.org/10.3168/jds.2025-27676). Cette variabilité peut en partie refléter des compromis génétiques car l’expression d’un haut niveau de production en début de carrière est susceptible d’accélérer la sénescence. L’objectif du stage sera de caractériser les profils de sénescence de la production de lait dans les principales populations de chèvres et brebis laitières en France et d’estimer les paramètres génétiques de ces profils. Les données du Contrôle Laitier de deux races caprines (Alpine, Saanen) et cinq races ovines (Lacaune, Manech Tête Rousse, Manech Tête Noire, Basco-Béarnaise et Corse) seront utilisées. Les données seront principalement analysées à l’aide de modèles de régression aléatoire. Le stage débutera par la description phénotypique des profils de sénescence de la production laitière dans les différences races. Il s’agira d’ajuster un modèle statistique global permettant d’extraire et de comparer les caractéristiques des profils (ex : âge de début, taux de déclin), en prenant en compte les différences de longévité. Ce modèle intégrera ensuite l’information sur les relations d’apparenté entre individus pour estimer la variance génétique des caractères de sénescence. Enfin, de potentiels compromis entre les caractères de sénescence et le niveau de production seront explorées via l’estimation des corrélations génétiques. Ce stage conduit en collaboration avec le laboratoire de biométrie et biologie évolutive (LBBE) pourra déboucher sur de nouvelles perspectives de recherche sur la sénescence des populations d’animaux sauvages et domestiques.
Source : INRAE · Récupérée le 3 octobre 2026