
ThèseBiologieINRAE
INRAE – Nouvelle-Aquitaine Bordeaux
France
samedi 17 octobre 2026
Vous exercerez votre activité au sein de l’Unité Mixte de Recherche Nutrition, Métabolisme, Aquaculture (UMR 1419 NuMeA) à l’IUT des Pays de l’Adour à Mont-de-Marsan. Des déplacements sur le site de Saint-Pée-sur-Nivelle seront effectués. Résumé du projet de thèse Le bien-être animal et la recherche de méthodes d'élevage durables sont des priorités majeures pour l'agriculture de demain. Dans la filière palmipèdes gras, comprendre les mécanismes fins de la régulation de la prise alimentaire est essentiel. De récentes avancées ont permis d'identifier les acteurs neurobiologiques et physiologiques impliqués chez le canard mulard. L'enjeu est désormais d'utiliser ces découvertes pour orienter les animaux vers une hyperphagie volontaire, comme méthode alternative au gavage. Nos récentes études nous ont permis d’identifier, pour la première fois chez cette espèce, les acteurs impliqués dans la régulation de la prise alimentaire, de la détection des nutriments à la voie de signalisation induite et l’intégration cérébrale (Lasserre et al., 2026 ; doi.org/10.1016/j.psj.2026.107070). Nous souhaitons maintenant suivre ces acteurs dans différentes conditions afin de trouver une stratégie qui nous permettrait, à terme, d’orienter les canards vers ce comportement hyperphagique volontaire recherché. La difficulté à laquelle nous sommes confrontés chez le canard est son aptitude à réguler son ingéré sur la base de l’énergie et donc à rapidement réguler sa prise alimentaire. Nous souhaitons donc, dans le cadre de ce projet, tester 3 leviers supposés influencer sa prise alimentaire : 1-l’énergie métabolisable de l’aliment ; 2-l’ajout d’appétent ; 3-l’éclairage intermittent. En espérant, pour chaque paramètre, pouvoir détecter les périodes favorables à une réalimentation en suivant l’expression des différents marqueurs impliqués dans la régulation de la prise alimentaire. Ce projet n’a pas pour ambition d’induire directement un engraissement hépatique mais avant tout d’identifier les leviers qui permettront de moduler la prise alimentaire. Il s’inscrit dans une démarche de recherche fondamentale, appuyée sur des expérimentations physiologiques, dont l’objectif principal est de comprendre finement les mécanismes de régulation de la prise alimentairechez le canard mulard. Programme Afin de comprendre comment faire consommer les canards « même lorsqu’ils n’ont pas faim », vous serez amené à réaliser 3 expérimentations sur des canards mulard à l’AVIPOLE INRAE 0089 (Artiguères) : Tester l’impact de la valeur énergétique métabolisable (EM) de l’aliment : 3 régimes à faible EM (-10%, -20% et -30%) seront comparés à un aliment témoin (12,5MJ/Kg) et un aliment à haute EM (+10%). Ajouter un appétent fonctionnel : vous testerez sur l’aliment à haute EM (+10%), 3 doses de capsaïcine (5, 150 et 300ppm) comparé à l’aliment témoin sans capsaïcine. Jouer sur le cycle jour/nuit : vous testerez avec l’aliment le plus consommé (issu des résultats des expé. 1 et 2) un éclairage intermittent au rythme de 1h de Lumière, 3h d’Obscurité, 1h L, 3h O, 1h L, 3h O, 1h L, 3h O, 2h L, 6h O comparé un groupe témoin sous éclairage continu (16 h de lumière / 8 h d’obscurité). Méthodologies : pour chaque expérimentation : Des mesures zootechniques et analytiques seront réalisées : prise de poids vif, prise de poids de foie, consommation journalière ; composition énergétique du foie (glycogène, TG), données moléculaires (expression des gènes impliqués dans le développement de la stéatose hépatique), paramètres plasmatiques (glucose, TG, AGL). Vous évaluerez l’évolution des acteurs impliqués dans la prise alimentaire au niveau génique et protéique, et ce, au niveau des tissus gustatif et cérébral (récepteurs sensoriels, voie de signalisation calcique, sérotonine linguale, cinétique d’expression des neuropeptides orexigènes et anorexigènes, neurotransmetteurs liés au cycle de la faim et de la satiété et le plaisir associé : dopamine, sérotonine, GABA, Glutamate). Le dosage des hormones circulantes au niveau plasmatique en lien avec la prise alimentaire sera réalisé (chémérine, ghréline, CCK). Ces analyses seront réalisées au laboratoire NuMeA de Mont-de-Marsan (dosages plasmatiques, biochimiques, expression génique) ou de St-Pée-sur-Nivelle (analyse des protéines par HPLC-FL). Des analyses immunohistochimiques en collaboration avec le laboratoire PRC de Tours sont envisagées. Au terme de ce projet, il s’agira de déterminer si par ces 3 leviers nous pouvons influencer la prise alimentaire du canard pour l’orienter vers une hyperphagie volontaire et éventuellement favoriser un engraissement spontané.
Source : INRAE · Récupérée le 3 octobre 2026