Le contrat doctoral d'État, le cadre standard
Depuis 2016, le contrat doctoral est le cadre de référence pour les doctorats publics en France. C'est un CDD de trois ans (renouvelable une fois six mois) signé avec l'établissement, qui ouvre les droits sociaux complets : assurance maladie, cotisations retraite, congés payés, droit au chômage en fin de contrat.
Le montant minimum, fixé par décret, est de 2 044,12 € brut mensuel pour une activité exclusivement de recherche (≈ 1 766 € net en 2026). Une mission complémentaire d'enseignement (64h équivalent TD) ou d'expertise porte la rémunération à ≈ 2 458 € brut. La paie est versée par l'établissement employeur, pas par l'ANR ou un autre financeur en amont.
Le contrat doctoral est attribué après concours ouvert par chaque école doctorale (ED) — généralement entre avril et juillet pour une rentrée à l'automne. Le candidat soumet un projet co-construit avec un laboratoire d'accueil et un directeur de thèse, puis défend sa candidature devant un jury.
Le dispositif CIFRE pour les thèses en entreprise
La Convention Industrielle de Formation par la Recherche (CIFRE) finance des doctorats menés conjointement entre une entreprise et un laboratoire public. C'est l'ANRT qui pilote le dispositif depuis 1981 ; environ 1 500 nouvelles CIFRE sont signées chaque année.
L'État verse à l'entreprise une subvention de 14 000 € par an pendant trois ans, ce qui couvre une partie du salaire du doctorant — qui est employé en CDD ou CDI par l'entreprise et touche au minimum le salaire conventionnel du secteur (souvent ≈ 30 000 € brut annuel pour une CIFRE en début 2026, mais beaucoup plus en informatique ou en pharma).
Avantages : meilleur salaire qu'un contrat doctoral, expérience directement valorisable côté privé, sujet ancré dans une problématique industrielle. Inconvénients : sujet souvent moins fondamental, charge de travail double (entreprise + labo), moins de liberté académique.
Bourses d'écoles doctorales et fondations
Au-delà du contrat doctoral standard, plusieurs canaux de financement parallèles existent :
- Contrats doctoraux fléchés ANR / ERC — financés directement sur les crédits d'un projet de recherche en cours. Mêmes conditions salariales que le contrat doctoral d'État.
- Bourses des écoles normales supérieures (ENS Paris, Lyon, Saclay, Rennes) — réservées aux normaliens, équivalent contrat doctoral.
- Fondations privées — Fondation pour la Recherche Médicale (FRM, ≈ 30 000 € pour la 4ᵉ année), Fondation ARC, Fondation L'Oréal, Fondation Bettencourt-Schueller, etc.
- Financements thématiques — IFP Énergies Nouvelles, Inria, IRD, Cirad, IFREMER : chacun ouvre ses propres concours pour des doctorats en lien avec sa mission.
- Mobilité internationale — Marie Skłodowska-Curie (européen, très compétitif mais ≈ 3 700 € net/mois), Fulbright pour les États-Unis, DFG pour l'Allemagne.
Et la thèse non financée ?
Inscrire un doctorat sans financement reste possible mais fortement déconseillé. Depuis l'arrêté du 25 mai 2016, les écoles doctorales doivent justifier de l'adéquation des moyens financiers du doctorant avec la conduite des travaux. Beaucoup d'ED refusent désormais les inscriptions sans contrat.
Les exceptions tolérées concernent les doctorats en VAE (Validation des Acquis de l'Expérience), les enseignants-chercheurs en reconversion, ou les doctorants étrangers déjà rémunérés par leur pays d'origine.
Calendrier de candidature recommandé
Pour viser une rentrée doctorale à l'automne 2026 :
- Octobre-décembre 2025 — identifier les laboratoires, contacter directement les directeurs de thèse potentiels avec un CV et une lettre de motivation thématique.
- Janvier-février 2026 — co-construire le sujet avec le directeur retenu, repérer les concours d'ED ouverts pour votre profil.
- Mars-avril 2026 — déposer les dossiers de candidature aux concours ED et aux financements parallèles (FRM, fondations).
- Mai-juin 2026 — auditions, classements, notification des résultats.
- Septembre-octobre 2026 — inscription administrative, signature du contrat doctoral, démarrage.